Les entreprises aidées par la Région Ile-de-France résistent bien à la crise

Publié le par AIPI 93

Les entreprises aidées par la Région Ile-de-France résistent bien à la crise

Auteurs : Anthony Claudel, Cyrille Godonou et Olivier Satger, Insee Ile-de-France
              Marie Prévot, Région Ile-de-France

Résumé

La Région a mis en place des aides publiques de soutien aux entreprises qui accèdent difficilement à des financements privés lors de leur création ou durant les premières années de leur vie. Quatre ans après avoir bénéficié d’une aide régionale (en 2004 ou 2005), trois entreprises sur quatre sont toujours en activité et n’ont pas changé de situation. Elles emploient 4 400 salariés, contre 800 au moment de l’aide, et ce malgré la crise économique et un essoufflement probable de l’effet de l’aide. A l’inverse, une entreprise sur cinq a cessé son activité et une entreprise sur vingt a été rachetée, a fusionné ou a déplacé son activité hors de la région, quatre ans après l'aide.

Introduction

En 2004 et 2005, près de 1 200 entreprises ont bénéficié d’un des six dispositifs régionaux analysés dans cette étude(Enjeu de l’étude). Dédiés au financement d’aide à la création et au développement des très petites entreprises et des PME, ces dispositifs s’intitulent Fonds régional de garantie Oséo-Région pour la création et le développement, Prêts d’honneur France Initiative (ex-PFIL), Prêts d’honneur des associations affiliées à Réseau Entreprendre® et à l’AFACE (Association pour FAvoriser la Création d’Entreprise), Fonds d’investissement CapDecisif Management et Ile-de-France Capital, Scientipôle Initiative et Réseaux locaux de Business Angels.

Quatre ans après l’aide, 74 % de ces entreprises sont toujours en activité et n’ont pas changé de situation, soit 881 structures(Tableau)(Les entreprises étudiées). Elles ont, en outre, multiplié par 6 leurs emplois, passant ainsi de 779 à 4 380 salariés. Ces résultats s’expliquent notamment en raison de la forte part des créations (70 %) parmi les entreprises aidées. Cette progression de l’emploi concerne plus particulièrement les trois premières années. En effet, l’emploi se stabilise globalement trois ans après l’attribution de l’aide.

Tableau - Situation des entreprises aidées

Situation des entreprises aidées
  Ensemble des entreprises bénéficiaires en 2004 et 2005 Dont
Entreprises toujours en activité (étudiées dans ce document) Entreprises ayant changé de situation Entreprises ayant cessé leur activité
Lecture : Parmi les 1 193 entreprises bénéficiaires en 2004 et 2005, 881 sont toujours en activité et n'ont pas changé de situation, soit 74 % de l'ensemble.
Sources : Insee, CLAP 2003-2009, Répertoire des entreprises et des établissements (REE)
Nombre d'entreprises 1 193 881 59 253
Répartition en % 100 74 5 21
Emploi salarié, l'année avant l'aide 928 779 29 120
Emploi salarié, 4 ans après l'aide des entreprises toujours en activité   4 380   0

Ces résultats sont d’autant plus encourageants que la période d’analyse 2008-2009 coïncide avec la crise économique aiguë qu’a connue l’Ile-de-France, même si elle a été relativement moins touchée que le reste du pays. En effet, en 2009, les défaillances d’entreprises franciliennes ont augmenté de 4 % par rapport à 2007 contre 25 % pour l’ensemble de la France. Au cours de cette période, l’emploi salarié marchand francilien a baissé : - 2,5 % contre - 3,2 % pour l’ensemble de la France.

Par ailleurs, la comparaison de l’évolution de l’emploi, quatre ans après l’aide, des entreprises aidées toujours en activité et n’ayant pas changé de situation avec des entreprises non aidées montre qu’à caractéristiques comparables, les entreprises aidées créent davantage d’emplois que les entreprises non aidées sans qu’il soit toutefois possible d’isoler l’effet propre de l’aide.

 

L'évolution de l'emploi des entreprises aidées diffère selon le dispositif

Pour les entreprises aidées par le fonds régional de garantie Oséo-Région ou par les réseaux locaux de Business Angels, l’emploi moyen augmente jusqu’en 2007, puis baisse en 2008. Cette baisse qui touche les entreprises, quelle que soit l’année de l’aide, semble liée à la conjoncture.

En revanche, s’agissant des entreprises du dispositif Scientipôle Initiative ou ayant bénéficié des autres Prêts d’honneur d’associations également affiliées à France Initiative, dont l’emploi moyen augmente fortement au démarrage, l’accroissement de l’emploi est moins fort trois ans après l’attribution de l’aide. Cette tendance s’observe, que l’aide ait été attribuée en 2004 ou en 2005. Il semblerait donc qu’il s’agisse, dans ce cas, d’un essoufflement de l’effet de l’aide trois ans après son attribution.

A contrario, l’emploi des entreprises des deux autres dispositifs (Prêts d’honneur des associations affiliées à Réseau Entreprendre® et à l’AFACE (Association pour FAvoriser la Création d’Entreprise) ainsi que les fonds d’investissement CapDecisif Management et Ile-de-France Capital) augmente de façon soutenue et continue. Ces entreprises confirment ainsi le fort potentiel envisagé lors de leur sélection, et ce malgré un contexte de crise.

Commenter cet article