Un ménage sur deux consacre plus de 18,5 % de son budget au logement

Publié le par AIPI 93

Un ménage sur deux consacre plus de 18,5 % de son budget au logement

Selon deux études de l'Insee parues hier, l'accession à la propriété progresse régulièrement depuis trente ans. Mais l'allongement de la durée des prêts immobiliers recule mécaniquement l'âge à laquelle on devint réellement propriétaires.

Je veux permettre à chaque ménage d'être propriétaire, parce que la propriété est le rêve de chacun d'entre nous. »La route sera encore longue avant que la promesse de Nicolas Sarkozy en 2007 se concrétise. En 2010 (dernier chiffre disponible de l'Insee), un ménage sur trois était propriétaire de son logement (c'est-à-dire sans charge de remboursement d'emprunt). Cette proportion, encore faible au regard de nos voisins européens, a tout de même régulièrement augmenté depuis trente ans et s'est accrue de 1,5 point par an sur la période 2005-2010, selon les chiffres de deux études de l'Insee parues hier. La progression du nombre de propriétaires est beaucoup plus forte parmi les plus de 65 ans (65 % en 2010, contre 61 % en 2005), qui sont aussi ceux dont les logements sont les plus spacieux (ils disposent en moyenne de deux fois plus de surface que ceux de moins de 50 ans, la surface moyenne étant de 41 m 2 par personne).

La hausse du nombre d'accédants à la propriété tient en partie aux ménages jeunes les plus aisés qui délaissent la location pour acheter leur propre logement. A l'inverse, les ménages modestes voient leur rêve de propriété s'éloigner : ils ne représentaient que 10 % des accédants en 2006, contre 13 % dix ans plus tôt. Un phénomène qui s'explique par le taux d'effort nécessaire pour devenir propriétaire, qui s'est alourdi : le montant de l'achat représentait quatre années de revenu en moyenne pour les accédants de 2002-2006, contre trois années pour ceux de 1997-2001.

Grandes disparités

Selon l'Insee, un ménage sur deux consacre plus de 18,5 % de son budget au logement. Ce taux d'effort global a peu augmenté depuis quinze ans, malgré l'envolée des prix de l'immobilier. Mais cette médiane cache de grandes disparités. Un locataire du parc privé sur cinq dépense par exemple plus de 40 % de ses revenus pour se loger. Les locataires du parc privé et les accédants à la propriété font partie des deux catégories qui dépensent le plus pour leur logement en proportion de leur budget.

Un motif de satisfaction : le nombre de logement surpeuplés (nombre de pièces par rapport au nombre d'occupants) recule globalement, même si 5,1 millions de personnes sont encore concernées. A Paris, le surpeuplement touche tout de même 16 % des ménages. Enfin, si le mal-logement est une réalité qui inquiète de plus en plus les associations, force est de constater, selon les chiffres de l'Insee, que le confort des habitations s'est nettement amélioré. En 1984, 15,7 % des habitations ne disposaient pas des équipements sanitaires de base. Cette proportion est tombée à 1,4 % en 2010. Et 95 % des habitations disposent désormais d'un système de chauffage central ou électrique.

Un ménage sur deux consacre plus de 18,5 % de son budget au logement
MARIE BELLAN

LES ECHOS du 16/03/2012

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article