Le marché immobilier entre en crise

Publié le par AIPI 93

Le marché immobilier entre en crise

Le nombre de transactions chute, le volume de crédits immobiliers aussi. En ce début d'année, l'immobilier est rattrapé de plein fouet par la crise économique et financière. Et les prochaines prévisions n'ont pas de quoi rassurer le secteur.

« On est face à une chute du marché », déclare Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris X Nanterre. Ce constat, Michel Mouillart le justifie par les chiffres. Le volume de crédits immobiliers s'est effondré au premier trimestre 2012, celui-ci a diminué de 32% par rapport au premier trimestre 2011. Si le volume de crédit immobilier est tombé aussi bas ces derniers mois, c'est parce que les particuliers n'empruntent plus pour acheter un bien immobilier. En novembre 2011, les intentions de souscription de crédits immobiliers sur les 6 prochains mois étaient de 4%, contre 5,2% à 5,6% en période normale.

Un niveau inquiétant pour les professionnels du crédit immobilier. Pourquoi le marché va-t-il aussi mal ? Pour Michel Mouillart, ce ne sont pas les prix les responsables de cette situation, mais une demande complètement déprimée qui s'est retirée du marché de l'immobilier. « On a une demande qui est tétanisée par tout ce qui est en train de se passer autour d'elle », explique l'économiste. Aussi, face à une conjoncture économique difficile, les ménages diffèrent ou abandonnent complètement leur projet immobilier.

Sans dispositif de soutien, la situation actuelle va durer

De plus, ces acquéreurs potentiels ne sont pas soutenus par les banques qui ont resserré leurs conditions d'octroi de crédits immobiliers. Un apport personnel est aujourd'hui systématiquement demandé lors de la souscription d'un prêt immobilier. Le taux des apports réclamés par les établissements bancaires a également augmenté, passant de 22% à 28%. Ce critère exclut d'office de nombreux ménages modestes.

Les acquéreurs potentiels avec de bas revenus ont également été chassés du marché par la réforme du PTZ Plus (Prêt à Taux Zéro Plus) qui est désormais réservé à l'achat de logements neufs. Le PTZ Plus était la dernière aide qui permettait aux primo-accédants d'acheter un bien immobilier.

Paradoxalement, la baisse des prix qui s'est amorcée en ce début d'année ne permettra pas de relancer le marché. En effet, si les prix baissent, les propriétaires n'auront pas d'intérêt à vendre leur bien immobilier, surtout dans un contexte économique compliqué où ils peuvent perdre leur emploi.

Si aucune aide gouvernementale pour aider les ménages à devenir propriétaire n'est créée avant la fin de l'année, cette situation risque de durer, voir de s'aggraver, y compris en 2013.

Par : Brice Nativel


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